Le serbe

19 Oct

(La langue, le monsieur on verra plus tard)

En préambule à ce doux moment d’apprentissage, je me dois de préciser que je ne parle pas vraiment serbe. Bijou non plus d’ailleurs, mais quand nous voyageons dans le pays, lui, si désireux de mettre en pratique ses acquis, devient souvent notre porte-parole officiel. Très vite alors, les locaux ne s’adressent plus qu’à lui.

Bijou, au loin, discutant avec des locaux (Ce n’est pas celui en mini-short)

« Qu’est-ce qu’il parle bien serbe, Bijou ! », s’exclament nos compagnons de voyage étrangers, les yeux brillants d’admiration.

Moi, fière de sa débrouillardise et de ses facilités linguistiques, j’acquiesce, pleine de bienveillance. Je ne trépigne pas en silence, non, et ne bous pas non plus de rage intérieure, de jalousie, et d’envie de hurler « MAIS MOI AUSSI MERDE, MOI AUSSI !!! »

Non,  quand même, j’ai passé l’âge.

Alors quand assis autour d’un café turc, Bijou répond à nos hôtes serbes par des  « Je comprends oui » agrémentés de sourires entendus et parfois même de petits rires complices, je ne dis pas que je sais très bien qu’il ne comprend pas un mot de ce qui se raconte autour de lui et qu’il est juste très fort pour faire semblant, non, je ne dis pas ça.

Parfois peut-être c’est vrai, je demande à Bijou de nous traduire cette petite blague à laquelle il vient de rire à gorge déployée, mais ce n’est certainement pas pour l’entendre dire « Ouais non j’ai pas compris ». D’ailleurs, je ne répète pas à voix haute « Ah bon, tu n’as pas compris ? Tu ne parles pas vraiment serbe alors. »

Non quand même, j’ai passé l’âge.

Je ne me moque pas non plus de ses erreurs. Par exemple, je n’ai dit à personne que pendant un temps certes court mais assez long pour être amusant, Bijou disait Drago mi je (Enchanté de faire votre connaissance) à la place de Žao mi je (Excusez-moi).

Je donne des exemples par souci de clarté, Bijou disait donc des trucs dans le genre de « Enchanté de faire connaissance, pourriez m’indiquer les toilettes les plus proches », ou encore « Oh, enchanté de faire votre connaissance, je vous ai marché sur le pied ! »

Est-ce utile de le préciser, je ne ricanais évidemment pas dans ma barbe, n’échangeais pas de regards moqueurs avec ses interlocuteurs interloqués, et lui ai très rapidement signalé son erreur.

Bref. Voilà, en fait, je crois c’est à peu près tout ce que j’avais à dire sur notre apprentissage du serbe. Je recommande d’ailleurs l’apprentissage d’une langue à deux, ça développe une sacrée complicité.

Ceci-dit, par souci d’honnêteté, d’équité et pour preuve – si preuve faut-il – de ma maturité, j’ajouterai juste deux anecdotes me concernant :

1) Pendant un certain temps j’ai cru que « ce sera tout » se disait « To je sto », alors qu’en fait c’est « To je to. » Une lettre de différence, ce n’est pas bien grave me direz-vous. Sauf que dans ce cas, ça veut dire que quand ma boulangère me demandait si je voulais autre chose, je répondais « ceci est une table. » Ouais.

2) Parce que leur langue est vraiment trop simple et que c’est pas marrant, les serbes utilisent aussi deux alphabets différents en fonction de leur humeur : le latin, et le cyrillique. Du coup, j’ai longtemps cru que restaurant se disait Pectopah (je prononçais bien le h à la fin) alors qu’en fait je lisais juste sans le savoir « Restoran » écrit en cyrillique.

Ceci n’est pas un restaurant gothique

Voilà voilà.

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Une Réponse to “Le serbe”

  1. Maëlle 8 novembre 2012 à 20:45 #

    Trop drôle! merci mon chou :)

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