Partie 2 qui vient après la partie 1 des démons de minuit ; et Gay Pride

13 Oct

En face de chez nous, il y a un petit bar avec lequel on a une relation compliquée parce qu’il est ouvert très tard. On le déteste en semaine quand il résonne dans notre lit, mais on lui pardonne le vendredi soir quand on veut prendre un dernier verre et que c’est le seul ouvert dans le quartier.

Ce vendredi soir donc, en rentrant de la soirée rockabilly qui était extra, Bijou a proposé l’air innocent un dernier verre, alors que c’était comme qui dirait vraiment pas la peine.

Dans le petit bar, on a retrouvé deux amis d’amis avec qui, va savoir pourquoi, on s’est mis à parler Gay-Pride.

En fait si d’ailleurs je vais te dire pourquoi : à ce moment là on parlait de la Gay-Pride dans les médias tous les jours parce qu’il y avait de fortes chances qu’elle soit annulée pour la deuxième année de suite. En 2010, elle avait été maintenue et malgré une forte présence policière comme on dit dans les journaux du sud-ouest, tout le monde s’était bien fait marave la gueule par de sympathiques contre-manifestants ultra-nationalistes.

Du coup, les gens de pouvoir ont passé une semaine à faire des déclarations tous les jours, à dire des trucs genre On analyse la situation sécuritaire très sérieusement, les risques de dérapage tout ça, et on vous dit très vite bisous. Mais les mecs la vérité c’est qu’ils avaient pas très envie d’avoir une Gay-Pride du tout parce que bon, c’est quand même un peu dégueu. Faut savoir qu’au quotidien – les jours où y a pas Gay-Pride – les policiers à boucliers ils s’occupent surtout de foot. Et même si Bijou préfèrerait que j’utilise de termes plus glorieux (il a suggéré « passionnés »), moi je dis que les footeux des fois c’est un peu des barbares assoiffés de sang. Pas parce qu’ils sont serbes einh, juste parce que c’est des footeux. (Je crois que je n’arrange pas mon cas auprès de Bijou).

Bref, tout ça pour dire que l’argument sécuritaire ça me faisait bien rigoler, parce que s’ils ont peu

r des bastons vaut mieux interdire le foot direct, et le sport en général d’ailleurs, bah oui vaut mieux pas prendre de risques.

Mais re-bref, cette fameuse soirée interminable-dis donc du vendredi, on se doutait bien mais ne savait pas encore que cette Gay-Pride allait être annulée.

Nous avons alors entrepris de convaincre ces jeunes gens qui n’ont rien contre les homos et qui ont même des amis homos mais qui, « jamais d’la vie de mère je vais à la Gay-Pride. »

Alors que moi je dis, et j’ai raison, que dans un pays où 70 pour cent de la population est ouvertement contre, aller à la Gay-Pride ça veut dire un peu plus qu’agiter des drapeaux arc-en-ciel en collants résille, c’est une question de liberté fondamentale, de droit des minorités à se promener dans la rue sans risquer de se faire défoncer. Que des trucs justes, logiques, quoi.

Sauf qu’en vrai, cette discussion a eu lieu entre quatre et sept heures du matin (comment est-ce qu’on a pu se hurler à la gueule les mêmes arguments pendant trois  heures de suite sans se lasser reste un mystère) et sans l’intervention de la police, elle aurait durer plus longtemps.

Oui parce qu’à un moment, vers 7 heures du matin, je me suis étonnée d’entendre Bijou discuter le cœur léger avec quelqu’un à la porte d’entrée. Quand même,  me suis-je dis, il est un tard pour le facteur, et même ouh dis donc pour les témoins de Jéhovah.

En m’approchant je l’entendis expliquer joyeusement, alors qu’il remuait vaguement son corps au rythme de la musique provenant de la cuisine, que c’était une occasion spéciale, qu’on fêtait quelque chose etc.

Ce n’était, on l’a bien compris, pas du tout une occasion spéciale et avant qu’il n’invite à boire un verre ceux qui, m’aperçus-je avec horreur, n’étaient pas un mais deux policiers (sans bouclier mais quand même), je le poussa vers la cuisine, probablement en l’appâtant avec un « vas voir y a des chips. » (Pas vrai non plus)

Je pris alors un air dont je ne suis pas peu fière et qui m’a tiré de bien des embarras, l’air du « Mais mon dieu qu’est-ce que j’ai fait oh jésus mais comment qu’est-ce que je risque qu’est-ce que j’ai peur oh comme je regrette. » Sans respirer. Ce n’est pas très digne, ne nous racontons pas d’histoires, mais ça marche.

Plutôt bien en général, mieux quand les trois abrutis de la cuisine ne pouffent pas comme des gamins de huit ans complètement bourrés, c’est à dire super fort, et couvrant par la même les bruits de mes sanglots.

Bref, bref, on s’est en tirés avec plus de peur que de mal, et ceci sera la fin abrupte mais finale de cette histoire parce qu’elle encore une fois trop longue, et pas si intéressante.

Salut !

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